La Prog

La carte
adhérent =

accès à tous
les concerts

en savoir plus
Réservez
en ligne

vos places
de concert

programmation concerts

10
Nov
2017
21:00

Sallie Ford Rock

The Buns  

disponible

Tarif normal : 14 , Tarif réduit : 12 €, Tarif adhérent : 9 €




Sallie Ford – Soul Sick

En 2011, Sallie Ford (alors accompagnée de son groupe, The Sound Outside) sortait Dirty Radio, premier album irrésistible pour tout amoureux de son brut, de rock’n’roll, de rockabilly et de blues, de compositions catchy et de voix de caractère. Sous ses airs de poupée rétro et ses fringues vintage, l’Américaine de 22 ans affichait une personnalité plus grande que nature, à l’image de cette voix puissante et chaude, qui semblait avoir vécu plusieurs vies et était taillée pour interpréter ces paroles entre coups de gueule et confidences, humour et gravité. Untamed Beast, deux ans plus tard, album en partie rôdé au fil des concerts, confirmait la première impression. Entretemps, la jeune fille timide s’était débridée et se déchaînait sur des chansons nerveuses et des ballades sexy en diable, à l’image des paroles souvent coquines d’un album portant bien son nom. En 2014, Sallie Ford désormais accompagnée d’un trio féminin opérait un virage girl group de garage qui a pu déstabiliser certains fans de la première heure. Ceux-là seront ravis de la voir revenir sur Soul Sick au son des débuts, dans une version parfois plus sophistiquée. Elle aime toujours les guitares twangy (“Never Goona Please”) et les rythmes enlevés (“Loneliness Is Power”). Excelle dans le genre pop classique qui sous des arrangements léchés (“Screw Up”) déballe des petits secrets embarrassants, s’essaie au doo-wop (“Romanticized Catastrophe”). Et signe une de ses plus belles ballades à ce jour (“Unraveling”)…


Il y a des artistes qui savent forcer l’attention. Ils s’attaquent à leurs chansons avec une finesse irrésistible et un total abandon dont ils ne se départissent pas. Sallie Ford est l’une de ces artistes précieuses. Sur son quatrième album, Soul Sick, elle a rassemblé ses forces, direction le studio Type Foundry à Portland en compagnie du producteur Mike Coykendall (M Ward, She & Him) et composé une musique qui puise dans toutes ses influences, tout en restant bien à elle. Il n’y avait pas grande chance qu’il en soit autrement lorsqu’on sait d’où elle vient. Et Soul Sick est l’album qui le prouve.

Sallie Ford a grandi à Asheville, en Caroline du Nord, dans une famille de musiciens. A 19 ans, elle est partie s’installer à Portland, Oregon, pour explorer sa créativité, ce qui l’a menée vers une carrière dans la musique. Comme tous les aspirants artistes, elle a connu son lot de péripéties et quelques impasses. Mais Sallie a persévéré, s’emparant de ces défis de l’existence pour en tirer l’inspiration et composer ses chansons. Sa musique est en grande partie influencée par la musique des sixties, qu’il s’agisse de celle des groupes de la British Invasion, comme les Kinks et les Troggs, ou d’Américains dont Canned Heat et ? & the Mysterians. Si l’on ajoute à cela une dose de girls groups comme les Shirelles, les Shangri-Las et les Ronettes, on obtient un bon aperçu du son de Soul Sick.

« C’est un album “de confessions”, dit Sallie pour le décrire. Il parle de mes luttes contre mes problèmes – ceux que j’ai surmontés et ceux que je traîne encore. » L’album s’ouvre par cette phrase, « Je me suis sentie aigrie au réveil par le plus doux des jours d’été » qui résume bien l’état d’esprit de Sallie Ford il y a quelques années. Sa séparation avec le groupe the Sound Outside en 2013 l’a poussée à réaliser que certaines choses dans sa vie devaient changer. Alors qu’elle entreprenait ces efforts, elle a signé chez Vanguard Records, monté un groupe féminin et sorti son premier album sous son nom, Slap Back, en 2014. Il marquait une transition importante dans le son de Sallie Ford, laissant sa voix prendre la place centrale qu’elle avait toujours méritée. Il lui permit aussi de prendre un plus grand contrôle de sa carrière et de sa vie personnelle. Mais ces changements profonds donnèrent lieu à de nouvelles questions, dont les réponses n’étaient pas toujours faciles à trouver. « Je me sentais désorientée, déprimée par ma vie et pas sûre de moi, » explique-t-elle.

En quête de réponses absolues, Sallie Ford a commencé une thérapie. « C’est un album qui parle d’insécurité, d’anxiété et de dépression, en particulier après que je me sois séparée de the Sound Outside et que je passe mon premier été sans tourner depuis quatre ans, poursuit-elle. J’étais l’enfant du milieu, scolarisée à la maison et je me suis toujours sentie à l’écart des autres. J’ai cherché à comprendre ce que ma musique signifiait pour moi et comment j’ai toujours combattu le sentiment de pression de n’être pas assez bonne et de vouloir tout arrêter. Pour ces nouvelles chansons, c’était bon d’écrire sur un thème et d’un seul point de vue. Au final, Soul Sick m’a appris beaucoup de choses sur moi et m’a aidée à guérir.

Cette guérison est en grande partie immortalisée dans la musique de cet album. Elle est parcourue d’un sentiment de nostalgie et produite pour souligner cette essence-là. « J’ai demandé à Mike Coykendall de produire le disque, dit Sallie Ford. Il aime le vieux rock’n’roll et enregistre toujours sur bande, mais c’est aussi un expérimentateur, qui explore de nouveaux domaines dans sa musique. C’est le musicien le plus honnête et authentique que j’ai rencontré. Cet album est autant sa création que la mienne. Il était spontané en bien des points, tout en étant ce que j’ai fait de plus ciselé. »

Une écoute de Soul Sick confirme ces paroles. La voix de Sallie Ford continue de mûrir, avec une élocution moins nuancée, et plus de clarté lorsqu’elle explose. Sa vulnérabilité et sa fusion sixties ont entraîné le son de l’artiste vers de nouveaux territoires, mais offrent aussi un pont pour le public de la première comme de la dernière heure. « Je crois que mon plus gros but avec cet album est de créer des liens entre ce que j’étais à l’origine et ce que je suis devenue, » ajoute-t-elle.

Quelle que soit la façon dont on approche Soul Sick, le verdict est le même : mission accomplie. Avec un nouveau groupe de studio comprenant Garth Klippert (Old Light) et Kris Doty (Modern Kin), le feu est là. Si l’on ajoute les musiciens invités, Ben Nugent (Dolorean), Ralph Carney (Tom Waits, the B-52s), John Coykendall et Kirk Hamilton, ces onze nouvelles chansons représentent l’entrée de Sallie Ford dans un nouveau monde. « Je n’avais même pas pour objectif d’écrire ces chansons, je me disais plutôt, “je veux écrire sur ma lutte contre mes démons”. Mais c’est devenu quelque chose de plus. J’avais l’impression qu’une partie de ces choses négatives dont je parlais prenaient une tournure plus positive ensuite. »

http://www.sallieford.com/ 

« The Buns » (les « chignons ») ? Le nom annonce la couleur : des filles, un joyeux mélange de frivolité et de virulence rock, à l’image de leur musique, un garage sans fioritures (à deux), qui conserve, dans les voix et la mélodie, une enchanteresse douceur pop. Après l’ep « The true story of Molly Jin & June Cooper » (2013) et un single « I Want » (2014) qui jouaient, avec une bonne dose de second degré, sur une image de dactylos fifties en pleine émancipation garage, le duo féminin revient avec un premier album réalisé par le pape de l’enregistrement analogique Liam Watson (The White Stripes, The Kills, etc.) qui remet les choses à leur place : on a affaire à un groupe dense, puissant, sans fioritures, moderne et toujours plein d’humour.
« Quand on a formé le groupe en 2012, il fallait sortir de nous-mêmes, comme des superwomen. On n’a plus autant besoin de ces personnages de secrétaires fifties maintenant ». « Très différentes, et du coup complémentaires », Molly (alias Julie, guitare/chant) et June (alias Emilie, batterie/chant), jeunes parisiennes (d’adoption) et musiciennes aguerries, se lancent à deux, se retrouvant sur des références aussi diverses et bien dans leur temps que The Black Keys, The White Stripes ou Little Barrie, mais aussi Nina Simone ou Led Zeppelin. Molly a envie de se concentrer sur la guitare électrique, instrument jadis appris avec son père et qui « a fait remonter toutes les influences venues de l’enfance : tout de suite, ce sont des riffs rock qui sont venus ». Avec un succès immédiat : à peine le duo a-t-il composé cinq titres qu’une date en club leur est proposée, et l’aventure prendra vite de l’ampleur. En 2013, elles ouvrent pour Indochine dans plusieurs Zéniths français, fait d’armes

d’autant plus prestigieux que c’est Nicola Sirkis lui-même qui choisit les premières parties. « Il nous a contactées sur Facebook... »
Leur garage pop anglophone attire aussi l’attention à l’international : même le royaume du Bahreïn, pays pourtant peu ami des droits de la femme, ne manque pas de les accueillir à bras ouverts...
Des dizaines de concerts plus tard, notamment en première partie de Sallie Ford, des Wampas, ou des Animals, les deux musiciennes ont trouvé le temps d’enrichir leur répertoire, et c’est avec pas moins de vingt nouveaux titres qu’elles arrivent au studio londonien Toe Rag du fameux Liam Watson, pour enregistrer en dix jours, ce premier album nerveux et remarquablement aiguisé, qui va droit à l’essentiel : « c’est la première fois qu’on travaille vraiment sur la production ». Sur les 11 titres du disque, le parti pris est clair : less is more. Guitare, batterie, un peu de basse et d’orgue çà et là, sur quelques morceaux. Pas une note de trop, et pourtant toutes leurs influences trouvent ici un brillant écho, des fifties (« Shoe Shine Boy ») au stoner avec le premier single « Stockholm », en passant par le langoureux « Stranger », écrit et offert par le french mocker Gaspard Royant, ou le délicieux « Bye Bye Chéri », seule occasion d’entendre un peu de français sur l’album (un peu seulement). Le résultat ? Ebouriffant. Un savant cocktail très personnel, alliant une énergie rock fiévreuse, des chants pop et des harmonies vocales dignes des girl groups sixties. Le pari était risqué, il est tenu haut la main. Excellentes compositrices, elles n’ont pas peur de jouer, en les modernisant, avec des références qu’elles se sont parfaitement appropriées. Prendre des risques, c’était le but. Sur ce très inspiré et indocile « Out Of Bounds » (« hors des limites ») il s’agit en effet souvent de s’affranchir des carcans, y compris de ceux qu’on s’impose à soi-même : si elles mettent moins en avant leurs personnages de dactylos et les chignons, affichant désormais une image plus rude de pinups modernes en teddy, en chanson il est bien entendu surtout question des classiques prisons de la dépendance amoureuse. Liens toxiques et bourreaux des cœurs en prennent pour leur grade, avec fraîcheur et humour : « merci à nos ex-amants pour l’inspiration », commente sarcastiquement le livret. A bien des égards, le duo démontre ici avec brio qu’à deux on ne s’en sort pas sans un vrai talent, de la persévérance et une belle alchimie. Et ce n’est que le début !

https://www.facebook.com/thebunsofficial/

Réalisation : Agence Multimedia Otidea